30/09/2009

750 kms au dessus des Alpes



    Un vol qui n’a rien d’un exploit et qui reste bien en deçà des records , mais un vol extraordinaire qui mérite d’être conté, rien que pour le plaisir de partager et pour donner envie à d’autres pilotes de le tenter.
     Ca faisait plusieurs jours que je jonglais de bulletin météo en prévision PCmet pour arriver à une conclusion le 31 juillet au soir : « la » bonne journée, c’est demain. Une fin d’anticyclone centré sur l’Europe de l’est associé à des chaleurs supérieures à 30°, ça déçoit rarement, mais ça précède généralement les orages.

Vendredi soir, passage au club  pour organiser un remorquage le matin.
   Arrivée sur la plate-forme à 8h00, ballastage, dernier bilan météo et décollage à 11h00. Largage à 1700m sur le sud Vercors . Départ difficile comme tous les départs matinaux, prendre son temps et patienter…les conditions s’améliorent à partir du glandasse et la descente jusqu’au pont d’Aiguine se fait tranquillos et pas très haut (1600/2000). En fait, j’aurai du zapper ce point trop au sud et filer directement sur la montagne de coupe où j’ai trouvé des « vraies conditions » Le parcours du combattant se fait à plus de 200 km/h et à plus de 3000m… Les conditions sont meilleures à l’est de la Durance et je prends cette option. D’habitude, je passe par la barre des écrins mais les cumulus du coté du col de Vars sont vraiment attirants… Je saute en Maurienne qui est très bonne et traverse la Vanoise à plus de 4000 m. Le Mont Blanc me tend les bras mais j’hésite car les plafonds semblent 1000m plus bas. J’y vais quand même, de toute façon, je suis en local de Sallanches et on est samedi…
      Les conditions sont moins bonnes dans la vallée de Chamonix (3000m), mais le spectacle est là et se faufiler dans les entrailles du toit de l’Europe, c’est toujours magique. Traversée en Suisse sur la pointe des pieds (un dépannage à Sallanches, ça se négocie, en Suisse, ça se paye !!!) et demi-tour car c’est pas le top au niveau des ascendances.
      Deux options pour le retour, soit je rentre direct en passant par les faces ouest de la Chartreuse et du Vercors ou alors je me retape les gros os comme je les appelle (les écrins). C’est ce que je fais car il commence à se faire tard et les hauts reliefs sont souvent fumants alors que la moyenne montagne s’éteint doucement. Col de la madeleine, Maurienne et retour sur le Pelvoux où je me tape un 4300m, le choix était le bon. Il est 18h30, donc, il y a encore de quoi allonger le circuit, je traverse la barre des écrins à plus de 200 à l’heure par moment et fait mon dernier point de virage au lac de Serre Ponçon à 19h00. Reste à assurer le retour. Je refais 2900 à Bure, je suis quasi en local de Romans. Le vent du sud s’est levé et le cheminement retour est sans difficultés. Le vent du sud est fort et un phénomène ondulatoire me permet d’aller faire mon arrivée peu avant Tournon sur Rhône. Il est 20h00, je vide mes 80 litres d’eau, me pose et bois une bière après 8h51 de vol.
       Voilà, une belle expérience personnelle qui a rempli mon cerveau de paysages grandioses.
Sans vouloir donner de leçons, Il me parait important de préciser que ce type de vol ne s’improvise pas et que la préparation de la navigation et de la météo est primordiale. Une bonne condition physique est nécessaire et j’avais prévu de quoi manger, boire et …évacuer. Mes choix sont toujours fonctions des dégagements de sécurité que j’identifie au préalable, confirmés par mon GPS, le LX7000 et mes cartes.
     Un grand merci à l’ANEG qui nous a mis à disposition ce LS8 de performance et qui permet à tous les membres de notre SSA, d’exploiter au mieux le potentiel de cette formidable machine et nous ouvre ainsi des espaces encore vierges…
         Thierry CHABANNE



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